26 septembre 2017 – Bilan de notre première expatriation en Chine

« Si on t’organise, une vie bien dirigée, où tu t’oublieras vite

Résiste ! Prouve que tu existes ! »

Michel Berger

Cela fait maintenant 3 mois que nous sommes rentrés en France, après avoir vécu notre première expatriation de 3 ans en Chine. J’avais dressé un bilan de la première année (que vous pouvez relire ici) plutôt contrasté, et pour cause, elle est raide cette année ! La deuxième a passé plus vite mais rien comparé à la troisième.

Lorsque j’ai créé ce blog, quelques semaines avant de partir, je l’ai nommé « Parenthèse ». Erreur. Énorme erreur. Plantage magistral. « Parenthèse » laisse supposer que l’on va retrouver sa vie d’avant exactement là où on l’a laissée. C’est tellement rassurant : on part un peu (puis beaucoup finalement) et hop ! on revient, ni vu ni connu. Zéro conséquence. Du grand n’importe quoi rétrospectivement. Cela dit, si je ne m’étais pas mise dans cette condition, je ne serai pas partie !

Pour résumer, on peut comparer le départ en expatriation à un trajet en voiture. Avant l’expatriation, on roule tranquille sur notre petite nationale, parfois on a des contrariétés-feux rouges, ou des bonheurs-accélérations et parfois même, si la chance est de la partie, on a une portion à quatre voies où l’on se sent vivre un peu plus.

En partant à l’étranger, on se dit : « Tiens, et si on prenait l’autoroute ? Ce sera génial : nous découvrirons un nouveau pays, nous apprendrons une nouvelle langue, nous ne serons plus résidents fiscaux, … ». Le bonheur à l’état pur.

01-Highway

 

Pour ceux d’entre vous qui ont suivi nos aventures grâce au blog, vous avez vu que la vie n’est pas un long fleuve tranquille que ça soit ici ou ailleurs. Maintenant que l’expatriation est derrière nous, petite revue de détails de ses incidences sur les principaux domaines de l’existence.

Les enfants

Le départ s’est fait dans de bonnes conditions : les filles (3 / 6 / 9 ans à l’époque) étaient motivées et impatientes de découvrir le pays où papa partait très souvent. Elles se sont très vite et très bien adaptées même si la petite dernière a fait une grève de la faim les premiers jours en ne se nourrissant que de riz blanc… La scolarité a suivi son cours sans encombre et elles se sont parfaitement épanouies en classe bilangues français/anglais (ainsi qu’un peu de mandarin quand même !). Le plus dur à gérer c’est indéniablement le retour… mais cela dépend de l’âge des enfants. Les plus jeunes étaient contentes de rentrer même si elles auraient tout aussi bien apprécié de rester un peu plus. N°2 allait retrouver sa super copine et son ancienne école, facile ! N°3 allait découvrir cette école mais partait avec un a priori positif. En revanche, notre aînée de bientôt 12 ans a été la plus malheureuse de quitter Pékin, ses amis et la vie qu’on y avait construite. Finalement, elle gère plutôt bien ce retour à la maison (enfin l’autre) et a même couché ses sentiments sur papier. Je vous livre sa prose, qu’elle a écrite seule évidemment et qu’elle avait hâte de partager sur le blog de maman. Je pense qu’elle peut aider les petits comme les grands !

Un retour d’expatriation

Le déménagement est parti.

La maison ou l’appartement est presque vide…

Il ne reste que quelques vêtements, ustensiles de cuisines.

Il ne nous reste qu’une semaine avant notre départ…

Alors nous faisons les dernières visites et surtout les valises.

Les enfants en ont marre ; les valises c’est long et ennuyeux… Nous on aimerait jouer avec nos copains…

Et oui, le plus dur pour les enfants c’est de ne plus voir les copains.

Alors, ils disent cet été on va voir les copains et on fera ceci, cela, et tout, et tout.

Alors un conseil, dites à vos enfants que « Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre. »

Vous verrez ça marche.

Ça veut dire que quand une aventure se termine une autre commence.

02-Happy

La famille

La famille fut plutôt compréhensive : certains avaient vécu l’expatriation et en gardaient un souvenir ému. D’autres (jeunes et beaucoup moins jeunes !) sont venus nous rendre visite et en parlent encore tant l’aventure fut grande ! Mention spéciale à ma chère Tatie des Pyrénées qui a fêté ses 76 printemps avec nous à Pékin alors qu’elle n’avait quasiment jamais quitté ses montagnes…

Un brin inquiets de nous voir partir dans un pays aussi éloigné et mal connu que la Chine puis heureux de nous voir revenir au pays, l’aventure s’est bien déroulée.

Et le couple dans tout ça ?

On ne va pas se mentir, avis de gros temps… Les premières semaines, c’est un peu une nouvelle lune de miel : découverte du pays, nouveau boulot pour monsieur, nouvelle disponibilité pour madame, so far so good. On resserre inconsciemment les rangs de la cellule familiale pour absorber le choc des différences culturelles. Puis insidieusement, le mal du pays, le mal-être des uns et des autres finit par peser.

03-Storm

Et là, il n’y a qu’un truc à faire : parler. Ça, c’est la théorie des psychologues de magazines. Dans (ma) vraie vie, il a fallût que je parte seule 15 jours en France pour me retrouver moi avec moi et revenir gonflée à bloc et prête à reprendre ma place de menhir de la famille (ceci n’ayant rien à voir avec mon tour de taille, encore que ?). À chacun de trouver le moyen de faire baisser la pression expatriation.

Les amis : les anciens… et les nouveaux !

Nos amis nous ont accompagnés dans cette aventure : ils étaient là avant, pendant, et maintenant. Des amis au top ! Rien à dire à part « Je vous aime ! ».

Et puis d’autres sont apparus alors même que je n’en voulais pas (ben quoi, j’en avais déjà ! sic). Au risque de paraître un peu mièvre, je ne pensais pas qu’on puisse devenir aussi proches en si peu de temps. L’expatriation exacerbe tous les sentiments. Me voilà de retour en France avec 28 m3 de cartons et encore plus d’amitié à la vie à la mort.

04-Friendship

3 ans d’expatriation c’est aussi 3 ans de rencontres plus improbables les unes que les autres. Le peuple chinois bien entendu dans sa grande diversité mais aussi les autres citoyens du monde ! Les autres expatriés aux origines tellement différentes que nous ne nous serions jamais croisés :

  • Une historienne de l’art aussi passionnée que passionnante.
  • Une conseillère en économie pour Justin Trudeau le Premier Ministre Canadien.
  • Une productrice de publicités à la télévision canadienne.
  • Le créateur d’une chaîne de boulangeries françaises en Chine.
  • Et cerise sur le gâteau : Franck, exceptionnel finaliste de Top Chef et sa toute aussi exceptionnelle compagne Sarah pour lesquels on a même préparé un dîner. 0 pression.

Bref, que du beau monde !

05-Cheers

Le travail

On ne va (toujours) pas se mentir. À la minute, que dis-je ? à la seconde où vous franchissez les portes de votre entreprise, les yeux encore embués par les témoignages d’affection de vos collègues émus de votre départ,  c’est fini. Non, ce n’est pas qu’un au revoir mes frères ! Ciao, bye, bye, hasta la vista.

06-bye bye

Bien sûr, on ne s’en rend pas compte tout de suite. « Mais bien sûr que je reviendrai. Moi, j’y arriverai. Moi, je suis plus forte que les autres, plus forte que la fatalité. » Bon, ben… non. Au bout de 6 mois d’absence, alors que je maintenais des contacts pros pour préparer l’avenir, on a commencé à me parler de formation. Formation pour reprendre un boulot que je faisais depuis près de 12 ans… Ça plante le décor.

07-get out

Je vous passe les détails mais j’ai passé la dernière année à me reconvertir histoire d’avoir un plan B au retour, au cas où. Je parle de ma reconversion professionnelle ici et .

Si je peux me permettre un conseil : ne vous reposez pas uniquement sur le lien que vous aviez avec votre entreprise. Peut-être que votre lien est indéfectible car vous êtes génial(e) et que votre patron s’est accroché à votre mollet quand vous avez tourné les talons. Mais peut-être pas… La loyauté c’est noble, mais ça ne vous fera pas manger.

08-Trust no one

Mais parlons plutôt du futur. Depuis notre retour, me voici donc fraîchement diplômée du DAEFLE (Diplôme d’Aptitude à l’Enseignement du Français Langue Étrangère), mention Très bien qui plus est. Me voici aussi nouvellement Demandeur d’emploi. Aïe. Arg. Ouch. Nettement moins agréable comme sensation. Une fois passée la blessure d’égo, ce nouveau statut a quelques avantages comme la gratuité des musées et… pour l’instant je n’ai pas trop trouvé d’autres avantages, j’y travaille.

09-job

Ce qui va me manquer de la Chine…

  • Vivre hors des diktats de la mode.

À peine revenue dans les magasins français et je suis déjà dépitée. Quelle est cette nouvelle mode des pantalons ULTRA SKINNY ?? Déjà, lors de l’apparition des SKINNY j’ai failli m’enchainer aux grilles de la boutique Chanel (Karl Lagerfeld est trop maigre, on est d’accord ??) mais là, trop c’est trop. Enfin, pas assez en l’occurrence.

Et puis la fantaisie vestimentaire va également me manquer. Plus de chapeaux à oreilles ou de barrettes « ailes »…

Cependant les chinoises aussi sont victimes des apparences et usent de nombreux subterfuges pour agrandir leurs yeux notamment…

  • Les balades en tuk-tuk. Remuantes.
  • Les rosiers de mon quartier. Je les admirais tous les jours et ils faisaient d’excellents baromètres.
  • La vie de quartier en général.

Rémouleur, épiciers, petits vendeurs ambulants et réparateurs de 2 roues. Tout ce petit monde si utile dans un rayon de 200 mètres.

18-Réparateur vélo

  • Mes bébés Godzilla.

On les aura engraissées élevées pendant 3 ans. On les a confiées à une gentille famille. Enfin, on pense.

19-Godzilla

Ce qui ne va pas me manquer de la Chine…

  • La sécurité électrique. Inexistante.
  • La sécurité sur les chantiers. Aléatoire.

23-Echafaudages

  • L’étroitesse des lieux. Même si j’étais moins gênée avec ma taille de Hobbit que mon cher époux ressemblant plus à Gandalf.

24-Gandalf

  • Les menus spéciaux du Mc Do. Spéciaux.
  • Le vin immonde. Que meurent Casillero del Diablo et autres Emowi!

Ce que je suis ravie de retrouver…

  • Le pain et la nourriture d’ici en général.

Faut que j’arrête mon nouveau TOC de stock…

  • La Petite Maison dans la Prairie. Et oui, ça passe encore…

31-Petite maison

Mais la Chine n’est jamais loin si on regarde de près, dans les objets qui nous entourent…

Et après ?

La question nous est posée quasiment quotidiennement : « où allez-vous maintenant ? ». Comme si une fois qu’on avait vécu à l’étranger, on enchaînait les avenants d’expatriation. C’est vrai dans certaines entreprises mais ce n’est certainement pas la majorité des cas.

Après 3 ans de vie à l’étranger, un été aux émotions aussi belles que déchirantes, je ferai bien un break moi. J’aimerais juste (re)profiter de notre maison, être là pour accompagner les filles (et leur papa) dans leur impatriation, redessiner mon avenir professionnel, inspirer, expirer… L’envie de découvrir d’autres horizons reviendra peut-être un peu plus tard. Il n’y a pas d’ugence. Seule exigence : si on doit repartir, j’aimerais simplement être franchement emballée par le pays de destination. Ce n’était pas vraiment le cas avec la Chine et je pense que ce fut un facteur de complexification certain lors des premiers mois (même si tout est bien qui finit bien). La suite, au prochain épisode !

35-thats all folks


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