29 juin 2015 – Bilan de la saison 1

A quelques heures de prendre l’avion qui va nous ramener en France pour les 2 mois de vacances (et oui 2 mois…), il m’a semblé intéressant de regarder en arrière et de faire le bilan de cette année pas comme les autres. Peut-être que mon expérience (qui est forcément personnelle) pourra aider les futurs expatriés en plein stress avant le grand départ.

Pourquoi suis-je à Pékin ? Je vous avais raconté ici ce qui m’amenait à Pékin. J’avais prévu de faire plein de choses (relire cet article) :

X

Faire du Tai-Shi dans un parc.

Je n’ai pas franchi le pas mais j’ai assisté à de nombreuses séances qui se déroulent à tous les coins de rue ou presque.

OK

Prendre le métro. Et y survivre.

Rien de plus facile !

OK

Tester Mc Do (KFC et Pizza Hut aussi) pour comparer les protocoles de cuisson des Big Mac.

Fait dans le mois de notre arrivée le temps de trouver les supermarchés et les denrées comestibles. Je crains les résultats de ma prochaine prise de sang…

OK

Manger du chat. Apprendre que c’était du chat. Me resservir quand même.

Sûrement fait mais quand et ou ?

X

Parier lors d’un combat de coqs et réussir à garder mon visa.

Pas vu l’ombre d’un combat : je me demande si cela n’existe pas seulement dans l’imaginaire collectif occidental.

OK

Me faire piétiner masser dans la grande tradition chinoise.

Fait et refait ! Quel bonheur…

01-Massage

OK

Lire la petite dizaine de livres que j’ai en retard.

Retard grandement rattrapé mais comme mon stock s’est reconstitué…

OK

Regarder l’intégrale de Big bang theory et Dr House. 2 fois.

Fait, 1 fois seulement. J’ai découvert d’autres séries aussi…

X

Profiter de la salle de sport de la résidence (au moins 1 fois par mois).

J’avais pris l’habitude d’y aller 2 fois par semaine. Jusqu’à que le club ferme ses portes en décembre… Dommage, je commençais à aimer ça.

OK

M’inscrire au club de Scrabble de l’alliance française. Heu… non, il ne faut pas exagérer non plus.

Objectif atteint : pas d’inscription au Scrabble, Majong et autre jeu de société à faire entre expatriées professionnelles.

OK

Tester le fishing Spa pour les petits pieds et le nail art à la chinoise. Il faut bien prendre des risques de temps en temps.

Le Fishing spa, j’ai renoncé. Je vous laisse deviner pourquoi en regardant la photo ci-dessous. Pas eu confiance. En revanche, côté manicure/pédicure : réelle découverte (oui, à 36 ans…).

 03-Fishing spa

04-Choix couleurs 05-Ongles bleus

Contrairement aux apparences, je n’ai pas passé ces derniers mois à regarder des séries en sirotant des cocktails de litchi. Outre les traditionnelles « fonctions » d’épouse et de maman ici exacerbées, j’ai fait aussi office de :

  • Prof de patin à glace pour la classe de CM1 de mon aînée. Cela m’a rappelé ma jeunesse et l’épreuve de sport du Bac !
  • Prof de pâtisserie pour les profs de pâtisserie de l’école. Les filles ont arrêté l’activité Cuisine le jour où la prof leur a fait faire une pâte brisée sucrée pour faire une quiche lorraine. Cause perdue. J’ai aussi participé à un cours de Macarons dans les cuisines d’un palace de Pékin :

06-Pâtisserie1 07-Pâtisserie2

  • Organisatrice de séjours et Guide touristique. J’ai organisé des circuits des endroits incontournables à Pékin pour nos visiteurs qui ont semblé apprécier. Je suis désormais incollable sur ce qu’il faut/ne pas faire et quels sont les jours de fermeture des différents sites.
  • Panneau de signalisation. Sur ma tête doit être inscrit : « Vous cherchez votre ambassade ? Je peux vous aider. » Je sais désormais où sont les ambassades d’Australie, du Mali et de Malaysie. Très utile.

Je ne vous cache pas qu’une vie oisive a quelques avantages :

  • Avoir du temps pour s’occuper de soi : fini les coups de fil désespérés à son esthéticienne préférée « S’il vous plait ! Rajoutez moi n’importe quand mais samedi après-midi exclusivement, je ressemble à un yéti, on va me mettre en cage ! ». Aujourd’hui, la prise de rendez-vous est simple : je veux venir n’importe quand.
  • Se recoucher après avoir emmené les enfants à l’école : vous, chères mères de famille actives qui en rêvez un matin sur deux ; eh bien oui, je l’ai fait une fois ou deux… Et c’est aussi agréable que dans vos rêves !
  • S’occuper des enfants et non pas assurer simplement la logistique. C’est ainsi prendre le temps de se poser pour le goûter après l’école et les écouter me raconter leurs petites et grandes histoires de la journée. Celles de mes filles mais aussi celles des petites voisines qui trouvent ce havre de paix qu’est notre appartement très agréable après l’école ! Les mercredis après-midi sont souvent animés avec 7 ou 8 enfants à la maison.

Malgré toutes ces activités, cette vie me parait trop calme. Dans ma vie professionnelle antérieure, j’étais plutôt ça :

08-Working girl

Evidemment, le contraste est saisissant. Sachant que je ne suis pas du genre réunions Tupperware :

SIXTIES HORS SERIE

…et encore moins parfaite petite ménagère :

10-housewife 50's

…il a fallu que je m’adapte. Et ce fut non sans mal. J’ai vite mis de côté les activités impliquant les femmes d’expatriés pures et dures. Celles qui n’ont connu que ça toute leur vie. Celles qui passent leur temps chez le coiffeur ou dans les boutiques des enseignes occidentales de la ville. Je ne veux pas généraliser mais il y a quand même une sacrée quantité de néo-colonialistes parfaitement insupportables.

La catastrophe s’est déclarée un soir, alors que je racontais ma journée (bonne au demeurant) à mon mari. Malheureusement, la seule chose que j’avais faite de notable c’était d’aller chez Ikea. Délire total. Grosse, grosse activité. Non pas que ma vie d’avant ressemblait au quotidien d’un neurochirurgien mais au moins, j’avais l’intime conviction de servir à quelque chose.

Oui, l’expatriation c’est intéressant, enrichissant,… mais ça peut être difficile. Oui, pour tout le monde. Oh ! Je vous vois derrière votre écran vous exclamer : « Elle exagère. », « Moi, ça ira ! », « J’en ai vu d’autres… », les douteuses de rien, les même-pas-mal, les invincibles et autres Miss Indestructible. Oui, même vous, vous douterez, vous serez perdue, vous voudrez rentrer par le premier vol en laissant tout derrière vous (même votre mari et vos enfants pour qui vous sacrifieriez un rein habituellement ; vous sacrifiez déjà vos cordes vocales et vos tympans alors au point où vous en êtes…). Car ce que l’on oublie c’est que nous sommes juste des êtres humains. Se retrouver dans un nouvel environnement, une nouvelle cage aussi dorée soit-elle, c’est déstabilisant. Il faut recréer tout son univers, repenser sa vie entière.

Lors de cette mauvaise passe, j’ai eu la chance d’avoir des amis qui se comptent sur les doigts d’une demi-main (j’ai bien 5 doigts et des amis entiers oui) qui m’ont prodigué des conseils bienveillants. Le pragmatique : « Si tu en as marre, tu rentres et puis c’est tout. » ou le très simple et néanmoins redoutablement efficace : « Je serai là pour toi quelle que soit la décision que tu prendras. » Merci infiniment les amis : j’ai traversé tout cela grâce à vous.

Ces conseils étaient ceux que j’avais besoin d’entendre plutôt que :

  • « Profite de ce temps pour faire une psychothérapie, ce besoin de travailler doit venir de ton expérience in utero… Travaille sur ton ‘moi’ et ‘surmoi’ et ton ‘ça’ ira mieux… » : ?? Non, merci mais je ne suis pas assez désespérée pour lire Freud.
  • « Tu fais une dépression c’est sûr… » : Ah ? Je n’avais pas remarqué.
  •  « Tu ne te rends pas compte de la chance que tu as. » : Et une couche de culpabilisation, une.

A ce moment, j’ai juste éprouvé le besoin de taper faire taire les esprits moralisateurs. Bref, de dire m…..

Mais comment ai-je fait pour me sortir du blues de la desperate housewife ?

  • Passer en mode « Espoir » :

Comme je le disais plus tôt, merci les amis ! Un cliché vieux comme le monde mais ce sont les seuls à avoir suffisamment de recul et à être acquis à votre cause quoi qu’il arrive.

Merci aussi aux nouveaux amis à qui on n’a pas dit à quel point on était perdu car on ne se connait pas encore assez. Merci pour m’avoir fait sortir boire un mojito et danser comme au Pacha de mes 18 ans.

  • Exit la femme au foyer :

Loin de moi l’idée de critiquer les femmes formidables qui choisissent de rester à la maison pour s’occuper de leur foyer. Je sais maintenant à quel point c’est difficile. J’ai également compris que ce n’était pas pour moi. Au fil des semaines et des rencontres, plusieurs projets devraient se concrétiser l’année prochaine qui me permettront d’occuper mon temps et mon cerveau. Sans oublier toutefois de profiter de cette parenthèse pour continuer les loisirs : ce sera donc cours de couture et de peinture sur soie que je vais poursuivre :

11-Peinture1 12-Peinture2 13-Peinture3

et concerts ! J’attaque en septembre avec Muse !

14-Concert Muse

Bref, cette année ne fût pas tout rose mais aussi teintée de jaune, de bleu, de gris, de noir… En un mot comme en cent, la vie !


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