17 février 2015 – Le musée classique Guan Fu – 观复古典艺术博物馆

(Préambule : veuillez excuser la piètre qualité des photos, la prise de vues était interdite… )

Le musée d’art classique Guan Fu (18 Zhangwanfen, Jin Nanlu, Dashanzi, Chaoyang district) est le premier musée privé de Chine. Il a été approuvé par le gouvernement en 1996 et a ouvert ses portes en 1997. La collection de ce grand musée de près de 3000 m² se concentre sur les antiquités des dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1912).

Comme souvent en Chine, les tickets d’entrée sont très beaux :

01-Ticket entrée

Petit rappel historique :

Les Ming se sont employés à la construction d’une puissante marine de guerre et d’une armée de métier d’un million d’hommes. La taille de la flotte permit de mener des missions commerciales et diplomatiques sans précédent. La puissance de l’Empire s’étalait jusqu’au Moyen-Orient. Il y eut d’énormes projets de construction dont la restauration du Grand Canal et de la Grande Muraille ainsi que la fondation de Pékin avec sa Cité Interdite durant le premier quart du XVe siècle. La population de la fin de la dynastie Ming est estimée entre 160 et 200 millions de personnes.

En France, c’est la fin du Moyen Âge et le début de la Renaissance. Peu après qu’une épidémie de peste noire décime le pays (1348), Charles V arrive au pouvoir (1364). Son fils, Charles VI lui succédera en 1380. 50 ans plus tard, Jeanne d’Arc sauve Charles VII des anglais qui devient roi en 1429. On considère que le Moyen-Âge se termine en 1453 après la dernière bataille de la Guerre de 100 ans. Débute alors la période de la Renaissance. Louis XI signe la paix avec Edouard IV d’Angleterre en 1475. Charles VIII, Louis XII, François 1er puis Henri II se succèdent au trône de France. Du côté des grands explorateurs, Christophe Colomb débarque aux Bahamas en 1492, Magellan se lance dans un tour du monde qu’il ne terminera jamais. Après sept guerres de religion en trente-six années d’affrontement entre catholiques et protestants, l’édit de Nantes (1598) ramène la paix au royaume de France. En fin de dynastie Ming, la France est dirigée par Louis XIV.

Entre 1484 et 1500, la merveilleuse tapisserie « La dame à la licorne » est réalisée :

001-La dame à la licorne

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’Empire Qing connut un long déclin, affaibli par les conflits internes comme par les pressions internationales, et fut finalement renversé par la révolution Xinhai, laissant la place à la République de Chine. Le règne de la dynastie Qing prit fin le 12 février 1912, avec l’abdication du dernier empereur de Chine, Puyi, alors âgé de six ans. En France, c’est la fin de la royauté : Louis XVI et Marie-Antoinette sont guillotinés, la Constitution de l’an I de la République est proclamée (1793). Bonaparte deviendra l’empereur Napoléon 1er en 1804 avant d’abdiquer 10 ans plus tard. En 1815, le roi Louis XVIII s’installe aux Tuileries puis sera remplacé à sa mort en 1824 par son frère Charles X qui sera contraint d’abdiquer en 1830. Louis-Philippe 1er monte sur le trône jusqu’à ce qu’il abdique en 1848. Louis-Napoléon Bonaparte est alors élu Président de la République. Il se garantit le pouvoir par un coup d’état et instaure le Second empire. Il devient alors l’empereur Napoléon III. C’est alors l’époque de l’expansion coloniale, de la construction du canal de Suez, de la transformation de Paris par le baron Hausmann, de la construction du Palais Garnier, de la construction des égouts, l’éclairage des rues, l’accès au gaz et à l’eau dans les habitations… La république est proclamée en 1870. Jules Ferry rend l’instruction primaire obligatoire et laïque (1882) et légalise les syndicats. En fin de dynastie Qing, le Président de la République française est Raymond Poincaré, élu en 1913. En 1914, la France se lance dans la Première guerre mondiale.

Ce musée est très récent car il n’est pas dans la culture chinoise de conserver les reliques. Les chinois ont une approche purement spéculative des objets anciens qu’ils possèdent. Avant de savoir de quelle dynastie l’objet appartient, ils demandent aux conservateurs combien il vaut.

La porcelaine occupe une place très importante au sein du musée. Les experts considèrent que la porcelaine est apparue en Chine aux alentours de 200 après J.C. sous la dynastie des Han. Ce n’est qu’au XVIIIème siècle qu’elle sera fabriquée en France grâce aux gisements de kaolin trouvés dans la région de Limoges.

Les couleurs des porcelaines sont issues des terres utilisées ainsi que des températures de cuisson. Ainsi, on apprend que la formule du vert céladon parfait, très réputé en Chine, a été trouvée 600 ans après J.C. sous la dynastie des Han.

07-a-vase céladon corolle 06-b

06-a-vase céladon 05-b

05-a-assiettes poissons 04-b

Les porcelaines blanches (blanc argent et blanc ivoire) étaient interdites à l’exportation car elles étaient considérées comme bien trop belles !

04-a-dragon et lotus 04-b

La séparation de deux couleurs, ici le noir et le blanc, a constitué un grand progrès.

03-a-noir et blanc 03-b

Le rouge rubis, longtemps recherché, n’a été maîtrisé qu’à l’époque des Ming. Le rouge n’est obtenu qu’à une température très précise (entre 1200 et 1400 degrés).

11-a-vase rouge 11-b

Plus que la couleur, le nom du four dans lequel a été cuite la porcelaine donne la valeur de cette dernière. Il existait alors deux types de fours : le four impérial et le four populaire. Le four impérial était scindé en deux parties : une partie consacrée aux pièces destinées à la Cité Interdite et une consacrée aux pièces pour les officiels. Il est à noter que les pièces qui ne plaisaient pas à l’empereur étaient détruites…

Une fois que les couleurs pures ont été trouvées, les mélanges sont apparus.

 08-a-bol rose 08-b

09-a-assiette biche 09-b

 10-a-grande assiette 10-b

12-a-vase animaux marins 12-b

13-a-vase concubine ivre 13-b

Notez le bleu français de ce grand vase : ce bleu était destiné aux offrandes.

14-a-vase à offrande 14-b

Le musée s’attache ensuite à présenter le mobilier ancien, dans un excellent état de conservation.

Voici un buffet et le détail de sa serrure :

15-buffet 1 16-Buffet 2 détail

Un salon, ainsi qu’une reconstitution d’une pagode à l’intérieur de laquelle sont représentées les divinités :

18-salon 17-Pagode

Un fauteuil et une table en bois, métal et osier, tout simplement superbes !

19-fauteuil osier

Le musée présente une importante collection de fenêtres et de portes. Les habitations sont dépourvues de murs servant de séparations : on utilise alors des paravents en bois sculpté.

 20-fenêtres 21-Fenêtre

A cette époque, le verre est excessivement cher et réservé au bureau de l’Empereur à la Cité Interdite. Les vitrages sont donc fabriqués en nacre d’huîtres !

22-Fenêtre en huître

La visite se termine par de belles portes :

24-Portes 23-Porte entrée

 

 

 


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