6 décembre 2014 – Saturday nights fever

Il est loin le temps où je passais mes samedis soirs au Pacha ou encore au pub O’Connemara à Bordeaux… J’ai rejoint la capitale, puis … j’ai eu des enfants. Et là, d’un coup, les occasions de sortir se font plus rares, l’envie n’y est pas forcément d’autant que faire garder trois enfants demande une certaine anticipation. Depuis bientôt quatre mois que nous avons déménagé à l’autre bout du monde, nous ne sommes jamais autant sortis ! Vernissage d’expos, concerts classiques (voir le récit ici) et même galas. Il faut bien avouer que tout est plus facile : notre formidable ayì (voir cet article qui lui est consacré) est toujours partante pour venir garder les filles et le fait de ne pas travailler me permet de m’affranchir de ma cure de sommeil dominicale. Bref, j’en profite !

Récemment, nous avons été invités à un spectacle à l’Opéra de Pékin dénommé ici National Centre for the Performing Arts. Le lieu est tout simplement grandiose, une construction épurée mélangeant verre et bois.

01-Opéra de Pékin

Nous avons assisté au concert de Thibault Cauvin, brillant guitariste classique bordelais (oui, à près de 10.000 km de notre terre natale commune, faut le faire !). A à peine 30 ans, il a déjà donné plus de 1 000 concerts à travers le monde, enregistré 7 albums et remporté 13 premiers prix internationaux avant l’âge de 20 ans, palmarès encore inégalé. Bref, il est à la guitare sèche ce qu’est Carlos Santana à la guitare électrique… Technique impeccable, musique ressentie au plus profond de son être mais répertoire… déroutant : uniquement de la musique contemporaine (dont les auteurs sont les amis de l’artiste) à la limite de l’expérimental. Comme je suis bien élevée, je ne dirai pas que c’était inaudible mais simplement que nos univers ne se sont pas rencontrés ce soir-là…

Et puis, il y a quelques jours, nous avons reçu cela :

02-Invitation 1 03-invitation 2

Invitation au concert de Gala de Noël par Monsieur l’Ambassadeur de France en Chine. Rien que le carton d’invitation est impressionnant. C’est devenu moins drôle quand j’ai lu « Black tie ». Deux petits mots qui m’ont mise en transe ! Une recherche sur Internet plus tard, je savais que ce dress code était particulièrement formel : smoking / nœud papillon pour les hommes, robe longue ou de cocktail pour les femmes. Bon. Soit. Sauf que… ARRRRRRRRGGGGGGGGGGGGG : « je n’ai RIEN à me mettre ! ». Une séance shopping ultra efficace m’a permis de dénicher une jolie robe longue noire, parfaite pour une telle occasion. Et puis, je me suis souvenue de mon expérience vestimentaire lors d’un concert à Yishu 8 (j’en ai parlé ici) où l’interprétation d’un dress code diffère selon les continents. Renseignement pris, il s’agissait simplement de demander au public, essentiellement chinois, de venir en tenue formelle c’est-à-dire différente de la tenue pour aller travailler. J’ai donc renoncé à ma robe longue (dommage…) et j’ai opté pour une jolie jupe de ma création. Souvenez-vous, j’avais chiné un magnifique coupon de soie verte au marché aux Tissus (que ceux qui ont perdu la mémoire lisent ceci). J’ai demandé à un tailleur d’en faire une jupe ainsi qu’un haut. Ma demande était quelque peu excentrique : le coupon en question étant originellement dédié à faire un couvre-lit !

jupe en soie

Surveillez Gala et Paris Match : nous avons été pris en photo par le photographe officiel. Un monsieur d’un certain âge s’est alors approché de moi pour me demander s’il pouvait me prendre en photo lui aussi. Je ne savais pas que j’avais des admirateurs sur ce continent !

Ainsi apprêtés, nous avons donc assisté au concert. Grâce à quelques officiels ayant déserté quelques places aux premiers rangs, nous nous sommes retrouvés devant. Le concert étant filmé, il ne fallait pas laisser de sièges libres. J’adore rendre service !

Le répertoire choisi en l’honneur des commémorations du cinquantenaire des relations diplomatiques franco-chinoises a tenu ses promesses : Carmen de Bizet et Faust de Gounod. La salle de réception de l’hôtel Winland, magnifique, avait été décorée aux couleurs de la Chine et de Carmen : des fleurs fraîches d’un rouge flamboyant étaient suspendues tout autour de la salle. Superbe.

04-salle de concert 05-fleurs rouges

Les artistes étaient Lina Tetriani (soprano), Géraldine Chauvet (mezzo-soprano), Jean-François Borras (tenor), Jing-ren Yu (bariton) et le formidable Jamie Offenbach (bass-baritone) incarnant parfaitement Faust.

08-chanteurs 03 06-chanteurs 01

Ils étaient accompagnés par l’Orchestre symphonique et le Chœur de l’Opéra national de Chine ainsi que par le Chœur des enfants du même Opéra national. L’ensemble était dirigé par Jean-Luc Tingaud, le chef d’orchestre.

09-choeurs

Les enfants ont été particulièrement brillants sur l’extrait de Carmen « Avec la garde montante ». Ils faisaient plaisir à voir tant ils vivaient le chant ! En revanche, lorsqu’un couple de danseurs du corps de ballet est venu pour interpréter une danse, je fus moins touchée. Technique irréprochable mais manquant cruellement de cœur et d’âme…

Voici deux extraits audio de cette soirée : « Les voici. Les voici. Voici la quadrille ! » issu de Carmen et « Gloire immortelle de nos aïeux » de Faust.

Carmen – Les voici, les voici. Voici la quadrille

Faust – Gloire immortelle de nos aïeux

La prochaine fois, je vous raconterai peut-être ma prochaine virée avec les copains au pub irlandais près de chez nous : le Paddy O’Sheas. Un autre registre mais le lieu est tout aussi prometteur !


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